La pollution numérique, comment l’éviter ?

pollution numérique

Regarder un film sur Netflix, envoyer un e-mail à 10 personnes, conserver ses e-mails dans sa boîte Outlook, laisser son ordinateur en mode veille, naviguer sur le web, archiver des photos dans le Cloud ou simplement utiliser un objet connecté… Nous avons souvent l’impression que ces processus sont « immatériels ». Il n’en est rien.

Toutes ces actions nécessitent une activité numérique gourmande en énergie et sont en partie responsables des gaz à effet de serre et du changement climatique. Des solutions ? Heureusement, oui !

1. La pollution numérique, qu’est-ce que c’est ?

C’est la pollution liée à l’impact du numérique dans son ensemble, en partant de la création des équipements (ordinateurs, smartphones) jusqu’à leur fin de vie, en passant par les usages que les utilisateurs en font. Elle présente une dimension physique et puis virtuelle. Difficile à matérialiser n’est-ce-pas ? Imaginez une voiture. Sa fabrication à elle seule pollue. Ensuite, le CO2 rejeté par la voiture pendant son cycle de vie alourdit son empreinte environnementale. C’est la même chose pour votre portable ou votre ordinateur, à la seule différence qu’aucune fumée n’en émane (enfin, on l’espère).

2. Le saviez-vous ?

Selon l’ADEME, la pollution numérique serait responsable de 4% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, et risque fortement de doubler d’ici 2025. Tout semble à penser que ce sera effectivement le cas, surtout depuis l’arrivée du Covid-19. Le télétravail a explosé et le monde virtuel prend de plus en plus de place (marketplace, réseaux sociaux, blogs, médias…) dans nos vies quotidiennes pour combler le manque de contacts « réels ». Effectivement, aujourd’hui plus que jamais, il en va de la survie des commerçants et des indépendants de posséder une vitrine sur le web.

A première vue, on constate que le numérique permet surtout d’améliorer nos échanges, de mieux partager l’information et de communiquer instantanément. Et c’est vrai. Si on va plus loin, cela veut aussi dire moins de gaspillage de papier et de temps, moins de déplacements, moins de pollution … Tous ces progrès, c’est fantastique. Mais cela a aussi un prix : un coût énergétique élevé et une empreinte carbone accrue qui ont un impact sur notre vie et sur l’environnement.

3. Les acteurs de la pollution numérique.

Parmi les responsables de cette pollution numérique, voici les principaux coupables :

3.1. Les datas centers.

Ces centres de stockage ne cessent d’accroître leur volume d’informations collectées (big data). Par conséquent, leur consommation en énergie pour stocker et traiter ces données augmente. Pour contrer cela, certaines entreprises essayent de s’améliorer en alimentant leurs data centers par des énergies renouvelables.

3.2. Les équipements des consommateurs, leur fabrication et les matériaux qui les constituent.

La phase de fabrication de vos appareils numériques est plus énergivore que leur phase d’utilisation et rejette énormément de CO2. En effet, la plupart des composants sont fabriqués en Chine ou en Corée, où l’électricité provient du charbon et pèse donc lourdement dans le changement climatique. Ajoutons à cela le transport en avion, et nous avons la recette parfaite de la pollution numérique. Prenons un exemple parlant. La fabrication d’un ordinateur de 2kg mobilisera 800 kg de matières premières et générera 124 kg de CO2 sur les 169 kg émis sur l’ensemble de son cycle de vie. En moyenne, il faut mobiliser 50 à 350 fois leur poids en matières pour produire des appareils électriques à forte composante électronique. D’un point de vue global, ces processus de fabrication entraînent chaque jour une augmentation de l’épuisement des ressources, de la pollution de la terre, de l’air et des eaux.

3.3. Les logiciels.

La consommation nécessaire pour les faire fonctionner est énorme.

3.4. Nos pratiques digitales.

Saviez-vous que la vidéo en ligne serait responsable de 306 millions de tonnes de CO2 par an ? 60% du trafic de données internet est occupé par le visionnage de vidéos. On pense tout de suite à Netflix, Youtube… Oui, ils en sont bien évidemment responsables mais ils ne sont pas les seuls…

  • La vidéo à la demande (Netflix, Amazon Prime, Open Load…) occupe 34% du flux de données mondiales de la vidéo en ligne;
  • La pornographie représente 27% ;
  • Les tubes (vidéos courtes type YouTube) représentent 21% ;
  • Les vidéos sur les réseaux sociaux représentent 18%.

3.5. Les déchets numériques.

En 2019, 53,6 millions de tonnes de “e-waste” ont été générés à l’échelle mondiale, avec une grande majorité non recyclée et envoyée dans des décharges pour être incinérée ou enterrée. C’est 21% de plus en seulement 5 ans.

4. Des solutions ?

Oui! Il existe des astuces qui permettent de réduire notre pollution numérique et de se rapprocher de ce qu’on appelle la « sobriété numérique ». Découvrez-les.

4.1. Allégez vos e-mails et faites le tri.

Saviez-vous qu’on comptabilise plus de 410 millions de tonnes de CO2 par an générées par les e-mails ?

Comment remédier à cette pollution numérique à votre niveau ?

  • Videz la poubelle de votre boite à e-mails et vos spams ;
  • Limitez les pièces jointe dans vos e-mails ;
  • Désabonnez-vous des newsletter et/ou publicités qui ne vous intéressent pas – pas celles de Mega Energie bien sûr 😊;
  • Optimisez la taille des fichiers que vous transmettez : fichiers compressés, images et PDF, basse définition… Ou faites appel aux plateformes de transfert adaptées ;
  • Évitez de mettre les personnes peu concernées par un sujet en copie de votre e-mail. Multiplier par 10 le nombre des destinataires d’un e-mail multiplie par 4 son impact;
  • Supprimez les pièces-jointes d’un message auquel vous répondez;
  • Privilégiez les messageries instantanées, chat interne plutôt que l’e-mail dans le cadre de votre travail;
  • Un logo dans votre signature ? Transformez le texte et le logo en une seule image basse définition.

4.2. Utilisez internet intelligemment.

Saviez-vous qu’une recherche Google équivalait à 10 gr de CO2 ? On n’ose à peine faire le calcul quand on sait que nous sommes 4, 54 milliards à utiliser internet chaque jour…

  • Utilisez des moteurs de recherche engagés. Avec Ecosia, vous plantez un arbre à chaque recherche;
  • Essayez d’être le plus précis possible lorsque vous faites des recherches. L’impact d’une requête web dépend du temps de recherche et du nombre de pages consultées. On divise par 4 les émissions de gaz à effet de serre en allant directement à l’adresse du site. Si ce n’est pas possible, utilisez l’historique de vos consultations, créez des favoris dans votre navigateur pour toutes les adresses Internet que vous consultez régulièrement;
  • Utilisez des mots-clés précis et ciblez votre demande (grâce à la recherche avancée de votre navigateur) pour limiter la sollicitation des serveurs du moteur de recherche;
  • Videz régulièrement le « cache » de votre navigateur;
  • Fermez les onglets que vous n’utilisez pas;
  • Choisissez un hébergeur privilégiant des énergies renouvelables.

4.3. Streamez raisonnablement.

Saviez-vous qu’une heure de vidéo visionnée sur smartphone équivalait à la même consommation d’énergie qu’un réfrigérateur allumé pendant un an ?

  • Vous avez vraiment envie de voir cette vidéo ? Alors visionnez-la en basse définition et si possible visionnez-la à plusieurs. Vous économiserez de la bande passante, et donc de l’énergie;
  • Préférez le téléchargement au streaming vidéo lorsque c’est possible;
  • Privilégiez la musique téléchargée ou les plateformes de streaming audio, plutôt que Youtube;
  • Évitez à tout prix la 4G pour lire des vidéos. La 4G consomme 23 fois plus d’énergie que le WIFI;
  • Bloquez l’option « lecture automatique des vidéos » sur les réseaux sociaux.

4.4. Économisez de l’énergie.

Saviez-vous que le quart des consommations électriques des équipements informatiques pourrait être évité ?

  • Ne laissez pas les appareils allumés ou en veille permanente lorsque vous avez terminé de les utiliser. Éteignez-les et débranchez-les ! Astuce : branchez vos équipements sur une multiprise à interrupteur et éteignez-la;
  • Limitez le nombre de programmes ou d’onglets ouverts et inutilisés sur votre ordinateur;
  • Désactivez les fonctions GPS, Wifi, Bluetooth sur votre téléphone ou votre tablette quand vous ne vous en servez pas, ou mettez-vous en mode « avion ».
  • Réglez votre ordinateur, et votre smartphone en mode « économies d’énergie »;
  • Utilisez le « dark mode » pour votre ordinateur. Celui-ci permet d’économiser beaucoup plus d’énergie que les fonds blancs et très lumineux.

4.5. Équipez-vous léger.

Pas besoin de posséder tous les appareils derniers cris si vous n’en avez pas l’utilité. La clef, c’est d’acheter du matériel adapté à vos besoins.

  • Plutôt qu’un ordinateur, est-ce qu’une tablette plus économe en énergie ne pourrait-elle pas suffire ?
  • Vous n’imprimez que quelques fois l’année ? Préférez l’impression dans un lieu public;
  • Allez-vous utiliser toutes les fonctionnalités de ce smartphone hors de prix ?
  • Essayer de privilégier des appareils porteurs de labels environnementaux.

4.6. Augmentez la longévité de vos appareils.

  • Il suffit d’en prendre soin. Entretenez-les. Pour votre ordinateur, installez des protections contre les virus et les malwares. Vous éviterez des pannes et ferez des économies;
  • Optez pour la réparation en cas de panne plutôt que le remplacement immédiat;
  • Évitez de remplacer vos équipements sur un coup de tête… ou parce qu’il a une offre promotionnelle;
  • Pensez au don, au troc ou à la vente d’occasion quand vous remplacez vos appareils encore en état de marche. Le réemploi prolonge leur durée de vie.

4.7. Recyclez.

Saviez-vous que 54 à 113 millions de smartphones dorment dans nos placards ?

  • Ne conservez pas vos anciens ordinateurs et téléphones : ils représentent de précieux matériaux recyclables. On compte 50 à 100 fois plus d’or dans une tonne de cartes électroniques que dans 1 tonne de minerai. D’autres matériaux sont quant à eux dangereux pour l’environnement et la santé et doivent être traités en conséquence;
  • Rapportez-les chez un revendeur de déposez-les dans les bornes de collecte situées dans les grandes surfaces ou en déchèterie.

Nous espérons que cet article vous aura plu et vous aura donné envie d’en découvrir davantage sur notre blog.

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