Consommer local et de saison.

acheter local et de saison

“Manger local et de saison”, c’est l’accroche que l’on entend un peu partout et tout le temps… Mais au fond, de quoi parle-t-on exactement ? Comment appliquer ce mode de vie au quotidien ?

Chez Mega Énergie, on s’est penché sur la question.

Pour que “manger local” ne soit pas qu’un phénomène de mode, choisissons en connaissance de cause. Pour ce faire, nous considérons qu’il y a quatre dynamiques principales à considérer : le budget, la santé, l’environnement et l’emploi.

1. Une question de budget ?

Bien souvent, c’est le prix qui reste un frein pour les non-acheteurs en circuit court. Mais contrairement à l’idée communément reçue, manger local et de saison ne coûte pas forcément plus cher. Pour beaucoup de gens, le circuit court c’est l’achat malin, le bon plan que l’on transmet de bouche-à-oreille. Une question de bon sens !

En parlant de bons plans …

  1. Privilégier la proximité, c’est limiter les surcoûts intermédiaires comme le transport, la distribution, tout en permettant aux producteurs de mieux vivre de leur travail, sans forcément payer plus cher.
  2. Opter pour les produits sans emballage (en vrac) dans les magasins bio contribue également à une réduction des coûts puisqu’ils ne sont pas conditionnés.
  3. Manger moins de viande peut également alléger votre budget « courses ». Si l’on en croit les nutritionnistes, la surconsommation de viande est mauvaise pour la santé. Excellent motif pour faire des économies, non ? Ça ne veut pas forcément dire qu’il faut arrêter sa consommation de viande ! Mais choisir des viandes moins onéreuses ne compromet pas forcément la qualité. Idem pour les poissons.
  4. Respecter les saisons, c’est acheter des produits saisonniers moins chers et bien meilleurs. Dites non aux tomates, fraises et cerises en hiver !
  5. Cultiver soi-même des plantes aromatiques, c’est s’assurer d’avoir toujours de tout sous la main, à moindre coût.

Enfin, lorsqu’il s’agit de prix, il faut comparer des produits comparables. Si l’on compare le prix des fruits mûrs de saison et ceux conservés en chambre froide, il y a une différence. Et c’est ça que la plupart des gens retiennent : un prix plus élevé. En revanche, une fois que les consommateurs ont passé cette barrière et qu’ils ont goûté les produits de saison, ils comprennent et sont convaincus. La qualité, ça se paye ! Même si de manière générale, les produits en circuit court sont plutôt moins chers à qualité égale.

2. Bien meilleur au goût et pour votre santé.

N’avez-vous jamais été déçu(e) par la qualité des fruits et légumes des supermarchés ? Trop ou pas assez mûrs, abîmés,… Il n’est pas toujours facile de trouver des produits frais et plein de saveur dans les grandes surfaces. C’est d’ailleurs bien là que réside la motivation première des partisans du circuit court ; trouver des produits plus frais et de meilleur goût. Il est vrai que cela demande parfois de se déplacer à 3 ou même 5 endroits différents pour faire ses courses le week-end. Le circuit des courses devient donc peut-être un peu plus long mais ça en vaut tellement la peine pour votre palais et votre santé. Au pire, prenez ça comme une sorte de sortie de famille ?

Le seul hic, c’est que les produits vendus en circuits courts présentent un peu moins de variétés. L’hiver par exemple, c’est toujours un peu la même chose. Mais même à ce niveau, les choses changent ; les producteurs font des efforts pour diversifier leurs productions et développer des légumes oubliés. Tout ce que vous risquez c’est de redécouvrir certains fruits et légumes.

Quant à l’aspect santé, saviez-vous que le transport de fruits et légumes sur de longues distances impose des cueillettes avant maturité ? Ceci implique donc une pauvreté nutritionnelle, ainsi que des traitements après récolte, chimiques ou par irradiation. Tous ces additifs et traitements peuvent être néfastes pour la santé. Le choix est vite fait, non ?

3. Le respect de l’environnement.

On ne vous apprend rien si on vous dit que les fruits et légumes achetés loin et hors-saison sont bien souvent produits chez nous en saison. Le respect du cycle saisonnier est important d’un point de vue écologique.

En effet, des fruits et légumes cultivés en France hors saison nécessiteront plus d’engrais et plus de consommation d’énergie (serre) que s’ils étaient cultivés en saison.

Quant aux produits venant du bout du monde, en plus d’alourdir les coûts intermédiaires de transport, de conservation, d’emballage et d’entreposage, leur traitement provoque un grand nombre de nuisances environnementales (pollution, bruit, constructions d’infrastructures). De manière très concrète, un fruit hors saison importé consomme pour son transport 10 à 20 fois plus de pétrole que le même fruit produit localement en saison.

Quand on sait que notre alimentation équivaut à 1/3 de notre impact sur l’environnement, soit 20% de nos émissions CO2 – on se doit de faire les bons choix. Voici quelques conseils :

  • Ne vous laissez pas berner par les supermarchés qui proposent des produits venant des quatre coins du monde tout au long de l’année et qui vous en ferait presque oublier la véritable saison des haricots, fraises et tomates.
  • Apprenez plutôt à lire à lire les étiquettes quand vous faites vos courses (d’où vient le produit que j’achète ?). Est-ce bien nécessaire d’acheter des haricots verts cultivés au Kenya alors qu’on peut en ramasser dans le jardin du voisin ? Ou bien acheter des kiwis australiens quand on en produit dans le Sud de la France ? Cela n’empêche bien sûr pas de se régaler de bananes, de mangues et d’ananas lorsque c’est la saison. Mais dans ce cas, privilégiez plutôt le commerce équitable qui garantit une rétribution plus juste des cultivateurs et qui fait attention à la préservation de l’environnement.
  • Privilégiez également les aliments frais à ceux en conserve ou surgelés : leur conditionnement spécifique est consommateur d’énergie.
  • Mangez moins de viande de bœuf et de veau. Produire un kilo de bœuf engendre 50 à 100 fois plus d’émissions de gaz à effet de serre que produire un kilo de blé.

4. Le soutien de l’emploi dans votre région.

On parle de circuit court pour qualifier un mode de vente limitant le nombre d’intermédiaires entre l’agriculteur et le consommateur. Cette notion ne retient cependant pas de critère géographique (variable d’une trentaine à une centaine de kilomètres selon le lieu et les produits). Sont concernés les produits vendus directement à la ferme, dans des marchés ou boutiques de producteurs, … Il y a un autre critère qu’on a tendance à oublier mais qui est tout aussi fondamental quand on parle de circuit court. Il s’agit du renforcement du lien social et du soutien à l’emploi.

Le réseau de la grande distribution a pour critère prépondérant le prix. Un producteur qui vend sa production à la grande distribution est souvent contraint de privilégier la quantité au détriment de la qualité et de brader le fruit de son travail. Injustement, alors que les producteurs ont de plus en plus de mal à gagner leur vie, les marges de la grande distribution ne cessent d’augmenter. Par contre, un producteur en relation directe avec ses consommateurs a la possibilité de valoriser un travail de qualité et de le vendre à un prix juste qui n’est pas soumis à la grande chaîne des intermédiaires.

Acheter ses produits chez les producteurs, fermiers ou au marché du coin, c’est donc contribuer à l’économie locale et soutenir l’emploi dans sa région. C’est aussi une opportunité pour les consommateurs de redécouvrir les variétés locales et de soutenir le savoir-faire ancestral de leur région. D’un point de vue social, c’est l’occasion idéale pour rencontrer les gens du coin, ses voisins, bavarder et pourquoi pas discuter directement avec les producteurs de la qualité de leurs produits.

Au final, c’est simplement reprendre contact avec celles et ceux qui nous nourrissent.

5. Nos conseils pour manger local et de saison.

  • Acheter sur les marchés ou auprès des producteurs locaux.
  • Faire sa propre cueillette à la ferme ou au verger.
  • Vérifier la provenance des produits sur les étiquettes.
  • Choisir des produits de saison pour éviter l’achat de produits cultivés en serre.
  • Acheter en vrac pour réduire les déchets d’emballages.
  • Pour les aliments d’origine exotique, privilégier ceux issus du commerce équitable.